vendredi 2 mai 2014

Gabriel Garcia Marquez


Il tenait à la main une valise pleine de linge et dans l’autre une valise identique renfermant les quelques deux mille lettres qu’elle lui avait écrites. Elles étaient classées selon leur date de réception, en liasses ficelées avec des rubans de couleur. Et aucune n’était ouverte.
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Les coqs de l’aube nous surprenaient  en train d’essayer de reconstituer la chaîne des nombreux hasards qui avaient rendu l’absurde possible ; et il était évident que nous n’agissions pas par simple désir de percer le mystère, mais parce que personne parmi nous ne pouvait continuer à vivre sans savoir  exactement  la place et la mission que la fatalité lui avait assignées.

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Macondo était alors un village d’une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d’une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des œufs préhistoriques. Le monde était si récent que beaucoup de choses n’avaient pas encore de nom et, pour les mentionner, il fallait les montrer du doigt. Tous les ans, au mois de mars, une famille de gitans déguenillés plantait sa tente près du village et, dans un grand tintamarre de fifres et de tambourins, faisait part des nouvelles inventions.

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Bibliographie


- Chronique d’une mort annoncée, éditions Grasset/ le livre de poche, 1981



- Cent ans de solitude, éditions du Seuil/ Points, 1995


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