mardi 9 septembre 2014

Boris Vian


A l’endroit où les fleuves se jettent dans la mer il se forme une barre difficile à franchir et de grands remous écumeux où dansent les épaves.

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La vie, c’est comme une dent
D’abord on y a pas pensé
On s’est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu’on soit vraiment guéri
Il faut vous l’arracher, la vie.

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Bibliographie



 - L’écume des jours, éditions 10/18, 1963


- Je voudrais pas crever, éditions Le livre de poche, 2012

dimanche 11 mai 2014

Louis Brauquier


La vie est une aventure
Qui part pour l’éternité.
Je compte les encablures
Qui traînent ma destinée.
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Il est dans mon destin de choisir mes amis
Parmi ceux-là qui passent,
Et de me trouver seul aux heures où la vie
Blesse mon âme lasse.
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N’as-tu point d’autres souvenirs
Qu’une montée de crépuscule ?
- J’ai le souvenir qui me brûle
D’un épuisant après-midi.

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Bibliographie




- Je connais des îles lointaines, éditions La Table Ronde, La petite vermillon, 2000



samedi 3 mai 2014

Jorn Riel



Les jours succédèrent aux nuits, dit-elle, et les étés aux hivers. Ainsi s’écoulèrent les années. Le paysage passait du blanc au brun, puis au vert. Il se figeait dans l’obscurité et reprenait vie à la lumière. Il y eut des années de famine et d’autres d’abondance et de joie. Les hommes naissaient, vivaient et mouraient et, pendant longtemps, ils restèrent fidèles à la nature.

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Bibliographie




- Soré, éditions Gaïa, 1997


vendredi 2 mai 2014

Gabriel Garcia Marquez


Il tenait à la main une valise pleine de linge et dans l’autre une valise identique renfermant les quelques deux mille lettres qu’elle lui avait écrites. Elles étaient classées selon leur date de réception, en liasses ficelées avec des rubans de couleur. Et aucune n’était ouverte.
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Les coqs de l’aube nous surprenaient  en train d’essayer de reconstituer la chaîne des nombreux hasards qui avaient rendu l’absurde possible ; et il était évident que nous n’agissions pas par simple désir de percer le mystère, mais parce que personne parmi nous ne pouvait continuer à vivre sans savoir  exactement  la place et la mission que la fatalité lui avait assignées.

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Macondo était alors un village d’une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d’une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des œufs préhistoriques. Le monde était si récent que beaucoup de choses n’avaient pas encore de nom et, pour les mentionner, il fallait les montrer du doigt. Tous les ans, au mois de mars, une famille de gitans déguenillés plantait sa tente près du village et, dans un grand tintamarre de fifres et de tambourins, faisait part des nouvelles inventions.

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Bibliographie


- Chronique d’une mort annoncée, éditions Grasset/ le livre de poche, 1981



- Cent ans de solitude, éditions du Seuil/ Points, 1995


vendredi 18 avril 2014

Abraham Flexner


Le monde où nous vivons est le seul dont nos sens puissent nous rendre compte. Si l’on n’en fait pas un monde meilleur, un monde plus juste, alors des millions d’êtres humains continueront d’avancer doucement vers leur tombe, silencieux, amers et affligés.
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Dans l’atmosphère où baigne le monde aujourd’hui, il semble opportun de souligner que le rôle de la science dans l’évolution de la guerre, toujours plus horrible et destructrice, est un effet secondaire imprévu de l’activité scientifique.
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Ces grands artistes que sont les scientifiques et les bactériologistes ont diffusé l’esprit présidant à leurs recherches dans les laboratoires où ils ne font que suivre la pente de leur curiosité naturelle.
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Avec l’accumulation rapide d’un savoir « inutile » ou théorique, on a vu naître une situation inédite : de plus en plus souvent, les problèmes pratiques sont abordés dans un esprit scientifique – et cela, non seulement par des inventeurs, mais aussi par de « purs » scientifiques.
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La plupart des inventions ont une histoire aussi longue qu’incertaine. Une personne fait une première découverte partielle, une autre met en lumière un nouvel élément, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’un génie assemble les morceaux épars et apporte sa contribution décisive à l’ensemble.
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Une institution capable de délier les âmes sur plusieurs générations successives s’en trouve pleinement justifiée, que tel ou tel de ses diplômés soit ou non l’auteur d’une contribution censément utile au savoir humain. Un poème, une symphonie, un tableau, une vérité mathématique ou une découverte scientifique contiennent toutes les justifications que les universités, les facultés et les instituts sont en droit d’attendre ou d’exiger.
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Le véritable ennemi de la race humaine n’est pas le penseur audacieux et irresponsable, que ce penseur soit dans l’erreur ou dans le vrai ; l’ennemi véritable, c’est celui qui entend couler l’esprit humain dans un moule et l’empêcher de déployer ses ailes.
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A l’aune de l’histoire de l’humanité, est-il rien de plus absurde et de plus ridicule que les discriminations fondées sur la race et sur la religion ? L’humanité a-t-elle besoin de symphonies, de tableaux et de vérités scientifiques immuables, ou a-t-elle besoin de symphonies chrétiennes, de tableaux chrétiens et d’une science chrétienne, ou encore de symphonies juives, de tableaux juifs et d’une science juive ? A-t-elle besoin d’œuvres et d’inventions musulmanes, ou égyptiennes, ou japonaises, ou chinoises, ou américaines, ou russes, ou communistes, ou conservatrices, pour accroître et exprimer l’infinie richesse de l’âme humaine ?
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C’est le rôle du médecin de rétablir le fonctionnement normal ; le fonctionnement normal représente donc son point de départ en termes de conception et son but en terme d’action.
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L’anatomie et la physiologie constituent l’antichambre de l’enseignement médical. Elles traitent de la structure normale du corps, du fonctionnement normal de ses parties, fluides, organes, et des conditions de leur action.

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Bibliographie


L’utilité de l’inutile, Manifeste, éditions Les Belles Lettres, 2013


Comment nos médecins sont-ils formés ?, éditions Les Belles Lettres, 2012